LEÇON D’ALGÈBRE DANS LA BERGERIE

« Comment se fier au vers, pluriel au singulier, vert et luisant, vers où aller? Femtoèmes ou petites épopées, contes logiques ou critiques par l’absurde, comment se fier aux vers soufflés par les rêves, le savoir et
l’imagination comme au verre trempé dans l’air du réel ?

D’odes en ballades au bras de ta chimère jumelle chaussée de vair, comment se fier au vers quand tous les poèmes sont des poèmes d’amour exclusif des mots, collecte de proses adressée à l’absente ? Quand le monde fait mots de tout ce qui arrive que tu écoutes au casque fût-il hermétiquement ailé ?

Comment se fier au vers : réponse le poème dont la racine algébrique, c’est-à-dire le vers dont le verre au mercure démultiplie le sens dans la galerie des glaces de la sonorité est impossible à extraire sauf à poser que dans tout nombre imaginaire subsiste une ombre de vrai.

Ce qui demeure quand tu as mis chacun des mots du poème en facteur au moment de t’endormir tout en comptant les moutons : il en manque toujours 1 à la fin qui bêle à ton secours. Si bellement que sa laine se change en vair dont la pantoufle de ta chimère de sept lieues est désormais fourrée tandis qu’elle tombe avec toi de sommeil profond que l’on prétend sans rêve.

De sorte que seul demeure le poème infini, indivisible autrement que par 0, 1 et lui-même, la prose première, versifiée, dont ce livre est la somme provisoire de tous les vers, depuis que tu lui as déclaré ton amour inconditionnel et guerroies pour qu’elle t’avoue que tu comptes pour elle et contes sur elle pour mieux te manger. »  (4e de couverture)